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mercredi 7 mai 2008

Balkan road trip part 5 : Le réveil à Ohrid


Le meilleur côté de se trouver une place pour camper quand il fait noir, c’est d’avoir la surprise de découvrir le paysage où l’on s’est endormi le lendemain matin. La photo ci-dessus a été prise de mon sleeping bag. J’ai ouvert les yeux et j’avais devant moi le lac Ohrid et les montagnes enneigées de l’Albanie. Et dire que des gens paient une fortune pour trouver un hôtel avec une vue comme ça! Nous avons quitté notre colline pour aller déjeuner en ville et devinez ce qu’on a mangé? Des Bureks, bien sûr! Et à midi il fut temps pour une bonne bière locale dans un petit parc sous le chaud et malicieux soleil de Macédoine qui s’affairait à me donner de sacrées brûlures dont je suis encore en train de me remettre.


         Honnêtement, je n’avais jamais entendu parler d’Ohrid avant que Jan et Arthur me disent que cette ville était sur notre itinéraire, mais wow! Quelle ville! L’architecture est sublime et les rues en pente nous donnent des vues extraordinaires sur le grand lac bleu et les bateaux qui s’y promènent. 

 Dans l’après-midi, les courageux Polonais se sont aventurés dans l’eau qui semblait glaciale. J’ai passé mon tour, mais je me suis bien amusée à les voir patauger dans ce grandiose paysage. Après la baignade, il fut temps pour nous de décider quel chemin nous allions prendre pour nous rendre au Monténégro. Nous avions le choix de passer par le Kosovo ou bien par l’Albanie pour arriver près de la ville de Bar et y passer la nuit. Les deux options m’intriguaient et c’est l’Albanie qui l’a emporté. Le Kosovo sera pour une autre fois. Alors voilà, nous avons traversé l’Albanie et ça, ça mérite un nouveau chapitre!

Balkan road trip part 4 : En route vers la Macédoine


Premier mai, fête du travail, nous sommes partis à la recherche d’un marché ouvert dans une Belgrade en congé. Nous réussîmes à concocter un déjeuner passablement nourrissant en combinant des vivres trouvées dans des kiosques à fruits et dans ce qui semblait être la seule boulangerie ouverte dans le quartier. Après avoir englouti le résultat de notre quête, Ivana et son amie nous ont fait l’extraordinaire cadeau d’un petit concert de chant traditionnel serbe. En voici un extrait :

De retour dans la Volvo vers midi, nous avons roulé vers le sud et fait notre entrée officielle dans les montagnes des Balkans. Nous nous sommes arrêtés pour souper sur une petite colline près de la frontière du Kosovo et nous avons pu contempler un magnifique coucher de soleil au-dessus de ce nouveau pays qui cause tant de débats dans la région. Sur cette colline, il y avait un petit cimetière et une chapelle fréquentée par les gens du village voisin. Une dame qui passait par-là avec ses enfants pour prier sur la tombe de son père décédé il y a quelques jours est venue nous donner une bouteille de rakija faite maison ainsi que quelques trucs à manger. Selon la tradition serbe, lorsque quelqu’un décède, on doit offrir des vivres à des étrangers qui doivent boire et manger en l’honneur du défunt et verser quelques gouttes de rakija sur le sol avant de la boire. Et bien, ces étrangers, c’était nous et j’ai trouvé ce moment extrêmement touchant!

Nous avons traversé la frontière avec la Macédoine un peu avant l’obscurité et nous nous sommes dirigés vers Ohrid où nous devions passer la journée du lendemain. Vers 22h, nous avons été victimes d’une spectaculaire crevaison causée par une grosse roche dans le milieu du chemin. Le pneu arrière droit de notre pauvre Volvo a complètement explosé.

Donc, après un petit arrêt d’une vingtaine de minutes pour poser la roue de secours, nous avons franchi les derniers kilomètres qui nous séparaient de la ville d’Ohrid et nous avons trouvé une petite colline pour camper. Ce soir-là, nous n’avons même pas pris la peine de sortir la tente. Aucune chance qu’il pleuve avec un ciel si abondamment étoilé. Nous nous sommes endormis en observant la voie lactée et Arthur a essayé (avec bien du mal) de m’apprendre comment trouver l’étoile polaire. Je pense que je le sais maintenant! Mais j’ai préféré inventer mes propres constellations, c’était beaucoup plus amusant.

mardi 6 mai 2008

Balkan road trip part 2 : Le départ + Budapest



Nous avons quitté Varsovie lundi le 28 avril vers 21h pour rouler toute la nuit en direction de Budapest. Armé de deux thermos de thé très fort, Janek a passé une belle nuit blanche en traversant la Pologne et les montagnes de Slovaquie, nous menant à bon port le lendemain matin dans une Budapest superbe et ensoleillée. Nous avons fait un arrêt d’une journée dans la capitale hongroise où nous avons marché au hasard dans les rues du centre-ville et de la vieille ville, monté deux collines et fait une sieste sur une île au milieu du Danube.

Le Hongrois est une langue vraiment intrigante : en rien apparenté aux langues des pays qui l’entourent, c’est une sorte d’îlot linguistique au milieu de l’Europe slave et germanique. Des mots de trois pieds de long, une sonorité très bizarre, une grammaire psychédélique… bref, je veux apprendre le Hongrois! Arthur, monsieur linguistique, se débrouille très bien dans cette langue, c’est vraiment impressionnant. Un point pour lui! Donc, après cette première journée, nous avons quitté les lumières de la ville qui, comme nous, tombait de sommeil, et nous nous sommes dirigés vers la campagne où nous avons trouvé un coin tranquille pour camper dans un champ. Bon, le lendemain matin, on s’est rendu compte qu’on était au milieu d’un petit chemin emprunté par les fermiers pour traverser leurs brouettes d’un champ à l’autre. Ces derniers nous ont contournés sans grogner, un peu surpris de nous voir là, mais nous gratifiant toujours d’un cordial « bonjour » et même d’un « bon appétit ».

Balkan road trip part 1 : Commençons par le commencement…

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Depuis que j’ai rencontré Janek et Arthur, leur façon de voyager n’a cessé de m’intriguer : aller-retour Varsovie-Istanbul en cinq jours, trois semaines de camping en Mongolie, du pouce en Iran pour revenir en passant par le Turkménistan et un petit tour en Chine pour ne donner que quelques exemples. Et tout ça, ça se fait en évitant tout ce qui est hôtels et tout ce qui sent trop le touriste. Ils comptent sur l’accueil des gens du « hospitality club », qui, partout dans le monde, sont prêts à offrir une place chez eux à des voyageurs qui désirent voir du pays sans se ruiner. Et lorsqu’il ne leur est pas possible de trouver de telles personnes dans une ville, eh bien ils se dénichent un endroit pour monter leur tente dans un endroit pas trop passant.

Notre périple d’une semaine à travers les Balkans fut donc pour moi une excellente occasion d’expérimenter cette façon de voyager en compagnie de gens qui en ont l’habitude et qui de plus, connaissent très bien la région et les langues des pays que nous avons visités. Mon passeport, nouveau de cette année, qui n’était jusqu’à date marqué que d’une banale étampe reçue à Francfort avant de transférer pour Varsovie, a maintenant passé par la Hongrie, la Serbie, la Macédoine, l’Albanie et le Monténégro. Pendant une semaine, nous avons roulé dans cette région aux paysages surréels, montant et descendant d’impressionnantes montagnes en écoutant de la bonne musique dans la volvo bleue récemment acquise par Janek. Nous étions cinq : Jan, Arthur, leur amie Kasia, Noni (un ami de Belgrade) et moi. Donc, trois Polonais, un Serbe et une Canadienne dans la même voiture… on a laissé quelques douaniers perplexes, mais ce fut un succès total. J'ai décidé de vous relater nos aventures en plusieurs petites parties, pour vous rendre la lecture plus légère.